Ma méthode
Comprendre avant d'entraîner. Ajuster avant que ça déraille. Être là le jour J.
Tout commence par toi
Avant d'écrire une seule séance, je prends le temps de comprendre qui est l'athlète. Pas juste son niveau sportif — sa vie. Son boulot, son stress, ses enfants, ses craintes, son passé sportif, ses éventuels soucis de santé. Pour une femme, son cycle menstruel entre dans l'équation. C'est tout ça qui détermine le plan, pas juste une VMA.
Ensuite, un test terrain — demi-Cooper ou équivalent vélo — pour poser des repères concrets. Les données objectives + le contexte de vie = la base du plan.
4 mois max, pas plus
Je ne fais pas de préparations interminables. 4 mois maximum. Au-delà, l'athlète s'épuise mentalement avant même d'arriver au jour J.
Dans ces 4 mois, j'intègre un ou deux week-ends choc. Le format : 2 à 3 jours avec au moins deux séances de sport par jour. Concrètement : si l'objectif est un 175km, je vise environ 140km répartis sur 3 jours. Pour un 85km, on fera 60 à 70km sur 2-3 jours. On ne vise pas 100% — on ne veut pas s'user complètement. Et idéalement, ces week-ends se font sur le lieu de la course — la reco.
Mon dernier week-end choc en prépa UTMJ :
3 jours — dont une sortie de nuit pour s'habituer à courir quand il fait sombre.
Mieux vaut arriver un tout petit peu sous-entraîné que complètement cramé le jour de la course.
Hiver et été, deux logiques
Hiver : séances plus courtes, axées renforcement et fractionné. C'est là qu'on construit la force et la vitesse.
Été : montée en volume, sorties longues, travail sur terrain spécifique. On exploite la base construite en hiver.
Le renforcement — un pilier, pas un bonus
Le renfo, ce n'est pas un complément qu'on fait quand on a le temps. C'est 1 à 2 séances par semaine, non négociables. Avec de la charge lourde pour développer force et musculature — c'est ce qui permet d'éviter l'épuisement musculaire sur les efforts de longue durée.
Mon outil de prédilection : le kettlebell. Il fait travailler l'intégralité du corps — force, mobilité, gainage — en un seul mouvement. J'adore aussi les séances mixtes où l'on mélange course, squats, chaise, sprints, sauts de grenouille et gainage. On reproduit exactement ce que le corps vit en course : relancer quand les cuisses sont déjà cuites.
Un squelette, pas un dogme
Sur une base de 5 séances par semaine :
Repos ou séance sur fatigue (entraîner le corps à relancer après un WE chargé)
Fractionné VMA — la séance intense de la semaine
Footing souple — faire tourner les jambes, récupération active
Renforcement : PPG/PPS, kettlebell, mobilité ou gainage
Repos ou footing léger
Séance spécifique (côtes, tempo, mixte renfo+course)
Sortie longue — volume et endurance fondamentale
Ce squelette s'adapte à chaque athlète, à sa période de prépa, et à sa vie. C'est un cadre, pas un dogme.
Planification + ton ressenti
La planification est au cœur de mon approche. L'athlète retrouve ses séances directement sur la plateforme, et surtout il peut y noter son ressenti et attribuer un score de difficulté après chaque sortie. C'est cette donnée subjective combinée aux données objectives qui me permet d'ajuster.
Le rythme de suivi dépend de la formule choisie : ajustement sous 24h pour la formule premium, ou suivi hebdomadaire le dimanche. Dans tous les cas, je ne laisse jamais un athlète dans le flou.
Mon modèle : des retours structurés chaque semaine — ce qui a été fait, ce qui vient, et les modifications quand la vie impose des changements. Une planification n'est jamais figée, on a tous des imprévus et une vie à côté.
Pas de la théorie, du vécu
Je ne fais pas de sophrologie. Ma méthode pour le mental, c'est l'entraînement lui-même. Les coups durs et les passages à vide pendant une course en font partie. Il faut apprendre à les gérer — et pour les gérer, il faut les avoir vécus avant.
Je crée volontairement des séances difficiles pour élargir la zone de confort. Le coup de mou au km 60, l'athlète l'aura déjà traversé en prépa.
L'autre levier, c'est la relation. J'ai fait un LAT avec des douleurs d'estomac à me demander si j'allais finir. Un UTMJ avec une tendinite à partir du km 100. Quand je raconte ça à un athlète qui doute, ce n'est pas un discours de motivation générique — c'est du vécu.
Présent sur le terrain
Si la localisation le permet, je suis présent sur le parcours pour encourager. Avant la course, un briefing de 30 minutes pour faire le point sur la prépa, le plan de course, et s'assurer que la tête est au bon endroit.
Après la course, un débrief complet : la prestation, l'objectif, la récupération, et la suite. Ce n'est pas seulement le physique qu'il faut soigner — le mental aussi peut avoir été mis à rude épreuve.
Savoir s'entraîner, c'est savoir récupérer.